chatmiaouTrois semaines après avoir battu son plein, et que les lampions de ses fastes se sont éteints, et décrochés jusqu’à sa 38ème édition de 2015,
un commentaire sortant des sentiers battus est peut-être de mise sur l’appellation de ces réjouissances populaires de la mi-août ou fêtes de la “Miaou” à Loyers.
Cette appellation est un subtil jeu de mots et fut une trouvaille particulièrement bien inspirée dès sa création il y a presque quarante ans. Le déroulement de la kermesse d’antan avait lieu en cette période de l’année. Tombée en désuétude quelque court temps, elle fut heureusement ressuscitée et modernisée ; incluse comme jadis dans l’agenda des festivités qui débutaient à la Saint-Laurent – 10 août – patron du village. C’était la ducasse, terme commun aux quatre communautés du pays, venant étymologiquement de “ducere” en latin – qui conduit –, aussi fête liturgique de la Dédicace d’une église. Ici la kermesse, en l’occurrence, devenue à présent un événement régional.
De quelle nature est ce mot “miaou” grammaticalement parlant ? Où le classer ? C’est une onomatopée, expression de l’oralité nous dit un dictionnaire; mot aussi à la frontière entre cette définition et l’interjection, un huchement (1), disent d’autres sources de référence.
Miaou, est le cri qui révèle la présence féline de cet indomptable animal de compagnie domestique. “Que sa voix s’apaise ou gronde, elle est toujours riche et profonde, écrit Baudelaire.” Le cri s’étire dans un bâillement indolent. Mais l’animal exigeant sa pitance, est aussi prédateur à ses heures. Il sait faire aussi patte de velours en sortant ses griffes tout en déployant ses charmes... Comme une jolie femme ! D’un miaou sourd ou articulé, craché ou contenu, le matou ensorcelle par son envoûtement et son langage fauve.
Et si pour les superstitieux, le miaou du chat noir annonçait souffrances et malheurs ! Il est aussi le bruit de dévastation, quand fusent les obus des canons de la guerre : “les Allemands répondent à notre bombardement par des grenades à fusil, ce qu’on appelle des –miauleuses- ou des –miaous- à cause du bruit particulier qu’elles produisent dans l’air”, peut-on lire dans la correspondance d’un appelé de la Grande Guerre, en 1915. Ce miaou-là est démoniaque, plus proche du chat de Lucifer que de celui, malicieusement botté, des contes de notre enfance...” Correspondance de guerre intéressante à épingler en cette année de la commémoration du centième anniversaire du début de la Première Guerre mondiale. (NDLR.)
A l’instar du félin dont la tête orne les diverses publicités et affiches d’annonce des réjouissances, que les “miaou” futures grondent et déploient aussi leurs charmes, et s’étirent de longues années encore dans le cadre de notre kermesse qui attire des milliers de jeunes tout autant qu’un autre aussi multiple public. Qu’avec son “Tour du Coq”, manifestation typiquement locale rappelant son passé folklorique, elle reste une grande fête familiale à laquelle sont attachés, et désirent le rester les organisateurs ! Ainsi que les innombrables dévoués qui, sans leur collaboration, la liesse populaire n’existerait pas. Sans oublier la dégustation d’une “miaou”, divin breuvage de composition secrète coulant à flot par centaines de litres, et rappelant notre ducasse de “dans-le-temps.”

Georges Lebé.

(1) Appeler quelqu'un en criant, en sifflant.

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