.abbayemarchelesdames.. Ce fut cette année, 1096, que fut fondée l'abbaye de Marche-les-Dames. les chroniqueurs du Comté de Namur prétendent que la plupart des chevaliers de ce pays étant partis pour la croisade, sous le commandement de Godefroi de Bouillon, leurs femmes, qui n'avaient pas voulu les suivre, choisirent une retraite sur la rive gauche de la meuse, à deux lieus de Namur, où elles vécurent à le manière des religieuses. Entre les maisons qui s'y distinguèrent le plus, on compte celles de Marbais, de Gosselies, d'Epignies, de Dave, de Spontin, de Thy-le-Château, de Montigny, de Beaufort. ces dames élevèrent une église, qui fut conscrée en 1103, en présence du Comte de Namur et d'une foule de nobles du comté. Cependant elles ne firent aucun voeu de religion, et celles qui avaient perdu leurs maris dans les croisades finirent leurs jours dans cet établissement qui dura jusqu'en 1380. Alors, il fut constitué en monastère de religieuses de l'ordre de Citeaux.
Actuellement à l'abandon, il a servi tout un temps de pensionnat pour l'école de l'IATA de Namur.

André Degrune - Photo vers 1910, tirée d'une ancienne carte postale - Site www.delcampes.net

Bertholet, Histoire de Luxembourg; de Marne, Histoire de Namur, p. 122, 124; Gaillot, Histoire de namur, t. IV, p.292; Gramaye p.68, sect. III, Hastières.

Extrait de l'histoire du comté de namur par Jules Borgnet :

Un événement qui ébranla l'Europe entière vint bientôt fournir un aliment à la turbulente activité des barons. La première croisade entraîna en effet dans des contrées lointaines ceux-là mêmes qui troublaient la paix.
On sait que les croisés belges se mirent en marche au mois d'août 1096. Les chevaliers du comté de Namur partagèrent la fièvre de combats qui agitait alors les nations chrétiennes ; ils furent conduits à la guerre sainte par un fils du comte, du nom d'Albert, qui mourut en Asie. Il est vraisemblable que la vieillesse d'Albert III, et la goutte dont il souffrait depuis de longues années , l'empêchèrent de prendre part à cette expédition , où les autres princes de la Belgique acquirent tant de gloire.
S'il faut en croire une touchante tradition, qui n'est pas à l'abri de la critique , la première croisade donna naissance à l'abbaye de Marche-les-Dames , plus anciennement connue sous le nom de Notre-Dame-du-Vivier. Lorsque les croisés namurois partirent pour la terre sainte, celles de leurs femmes qui n'avaient pu les suivre se réunirent dans un vallon agreste et solitaire, qui conserve encore aujourd'hui quelques-uns de ses charmes , en dépit de l'industrie qui s'y est établie. Elles y firent élever une modeste chapelle et une habitation où elles attendirent le retour de leurs maris, en priant pour la délivrance du saint sépulcre. Malheureusement, le succès si glorieux de la première croisade ne fut acheté que par des flots de sang. Parmi ces guerriers qui avaient été chercher la gloire et le pardon de leurs fautes dans les plaines brûlantes de la Palestine, bien peu regagnèrent les montagnes verdoyantesde leur patrie.
Quand les croisés échappés à la mort reparurent sur les bords de la Meuse , la désolation régna dans le vallon de Notre-Dame-du-Vivier, car la plupart de ces épouses apprirent qu'elles étaient veuves. Elles résolurent alors de finir leurs jours dans cette retraite , et de jeunes filles , que la guerre avait rendues orphelines , se joignirent à elles. Telle fut, dit-on, l'origine de cette abbaye qui , trois siècles après , embrassa la règle de saint Bernard.

* De Geiilache, Histoire de Liège, p. 61 ; Polain, Histoire de l'ancien pays de Liège, I, 201.32 BIBLIOTHÈQUE NATIONAL*

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