presbytere loyersA l'occasion de la remise en état de fond en comble de la cure, l'opportunité et l'occasion sont données de tracer son historique et sa description en fonction des recherches effectuées et des propos recueillis au fil du temps. Ce beau bâtiment de style classique est situé à proximité directe du site classé du village comprenant le château, sa ferme castrale, son parc et l'église. Zone classée, certes, mais pas l'ensemble des bâtisses qui ne le sont qu'en partie, soit la plupart des murs, des toitures et sûrement la tour du château de pure style Renaissance, la seule du genre dans le grand Namur... Ce donjon restauré est le seul des quatre tours d'angle qui a résisté au temps, elle attire l'attention du passant par son élégance, sa fine silhouette sommée d'un toit circulaire bulbeux s'élevant en flèche et aussi depuis qu'il a revêtu sa nouvelle parure rose-ocre du meilleur effet avec les façades de cette ancienne demeure seigneuriale millésimée 1605, date de sa construction. Personne, sauf ignorance des faits, n'a jamais prétendu que cette construction était classée, à l'exception de l'environnement ; il faut en avoir bien conscience. L'édification du presbytère remonte à la croisée des XVIIIème et XIXème siècles. C'est une construction imposante qui mériterait, si elle ne l'est déjà, d'être incorporée au site classé à cause de sa situation très proche du centre historique du village. Remarquons que sur le site classé de Lives, contrairement à Loyers, l'église, le presbytère et le cimetière ont été classés dans leur intégralité en 1937. Mais revenons au presbytère de Loyers. C'est un ensemble clôturé, avec cour intérieure en brique et pierre bleue, composé d'une habitation à double corps, flanqué à l'ouest d'une grange formant retour. Logis de cinq travées et deux niveaux, cantonné de chaînages harpes. Baies à linteaux droits avec belle menuiserie ancienne à petit-bois qui, malheureusement, n'a pas été recopiée à l'identique lors du renouvellement des châssis. La facture des anciens cadres donnait un cachet à la façade adéquat au style classique de l'ensemble ; il n'a pas été reproduit, c'est profondément dommageable. Qu'on compare, à cet égard, les bâtiments du même type à Namur et ailleurs ! La porte d'entrée est à traverse et imposte décorée de petits-bois chantournés. Bâtière d'éternit à coyau (ci-avant en ardoises naturelles) sur corniche de pierre en doucine. La toiture est agrémentée de trois lucarnes à croupe en façade ; la toiture arrière en comprenait aussi trois jadis, on en a supprimé deux ( ?) lors du dernier renouvellement du toit il y a plus ou moins une soixantaine d'années. La grange subsistante est de même style que le corps de logis et s'ouvre par une porte récente et les bâtières sont à croupette à l'avant comme à l'arrière de la toiture.
Ces bâtiments, qui à l'origine constituaient un relais-poste selon la mémoire vivante transmise de génération en génération, étaient initialement un édifice en forme de U comme l'était le château au début du XXème siècle avant son agrandissement. La cure comprenait donc deux ailes ; l'actuelle qui a subsisté et en parallèle celle vraisemblablement identique si on s'en réfère à la longueur du mur conservé et maintenu qui sert actuellement de soutènement jusqu'au mur d'enceinte en façade. Quand cette aile a-t-elle été abattue ? Nul ne le sait, on n'en a jamais entendu parler de mémoire de villageois. Mais, on a la preuve visible de l'existence de cette construction par la matérialité des chameaux d'angle en pierre de taille arrêtés à peu près à mi-hauteur de ceux du flanc opposé. C'est indubitable et un architecte -ancien voisin- l'a constaté et confirmé. Les deux bâtiments servaient d'écurie et de remise pour les voitures.
Quant à l'intérieur, le logis est composé de quatre pièces, tant au rez-de-chaussée qu'à l'étage. L'ensemble des niveaux est couvert de vastes combles. Le vestibule est doté d'un magnifique escalier en chêne de pente douce traversant l'espace de bas en haut, entrecoupé de paliers spacieux. Toute la huisserie intérieure est en chêne également, assortie à l'escalier. La porte d'entrée semble encore être la toute première par son apparence robuste et articulée sur des gonds scellés dans des montants en pierre. Les quatre caves sous toute la maison sont voûtées comme toutes celles caractéristiques de l'époque.
Ce logis a été la résidence de la famille Coignoulle dont Gilles, du même nom, fut patenté maïeur en date du 24 juin 1794 sous le régime français. Le procès-verbal de l'installation de la municipalité de Loyers fut promulguée le 14 fructidor an 111 de la République (ou 31 août 1795.) M. Gilles Coignoulle fut promu bourgeois le 11-10-1794. Donc, le dît bourgeois fut maire sous l'administration française jusqu'en 1815. Par la suite, sous le règne du roi Guillaume des Pays-Bas, premier citoyen de Loyers toujours, il devint maire et poursuivit son mandat sous l'appellation de bourgmestre jusqu'en 1825. Il fut donc successivement maire républicain et bourgmestre d'une commune du royaume des Pays-Bas ! Il était né le 17 septembre 1751 et mourut à Loyers en sa demeure (actuelle cure) le 24 avril 1837. 11 avait épousé Catherine-Josèphe Morimont en 1786 dont la pierre tombale est scellée dans le pavement de la nef de l'église (le!e à droite).
Par qui la maison presbytérale fut-elle bâtie ? Vraisemblablement, et ce n'est qu'une hypothèse, par la famille Morimont, car le gendre Gilles était né à Bettincourt (Waremme) ou bien par le couple marié à Loyers le 20 janvier 1786. Consécutivement et d'après la tradition orale, les demoiselles Coignoulle ont légué, a-t-on affirmé, ou vendu leur demeure à la paroisse lors de son érection en chapellenie avant 1883. Car les archives paroissiales font mention de l'exigence de l'évêché de Namur d'avoir une habitation et un potager pour le prêtre résident lors de l'érection en paroisse autonome de la commune de Loyers à l'exception du hameau de Limoy, paroisse de Maizeret jusqu'aux environs de 1910. C'était sous l'épiscopat de Mgr Decrolière, évêque de Namur. L'arrêté royal de la constitution de la nouvelle paroisse fut donné à Laeken et signé par le roi Léopold II le 16 mars 1895. « Vu les avis des conseils de fabrique de l'église paroissiale de Lives, des conseils communaux de Loyers et de Lives, de l'évêque diocésain et de la députation permanente du conseil provincial de Namur, datés du 25 avril, des 4 et 9 septembre, des 19 et 23 novembre 1894. » La proximité immédiate de l'implantation de la demeure léguée ou vendue jouait en la faveur de cette nouvelle affectation à cause de l'église toute proche. Pour la petite chronique historico-locale, il faut rappeler que le domaine de Bossimé, commune d'Erpent jusqu'en 1817 en a été détaché au profit de Loyers dont le maire G. Coignoulle était le frère de la fermière de Bossimé. Influence de pouvoir mayoral élevé au rang de bourgeois ? La question est posée et reste sans réponse. Il faut aussi signaler qu'une lignée de cette famille représentée par M. et Me Antoine Morimont, personnes rencontrées naguère, habitent la seigneurie d'Harscamp à Namur. Comme on sait, Lives, Beez et Loyers ne constituaient qu'une même et seule paroisse jusque, respectivement, 1865 et 1895. Loyers était la plus peuplée à l'époque de 1846 : Lives, 344 habitants ; Béez, 347 et Loyers, 435, soit un total de 1126 paroissiens.
Voici la liste des curés qui se sont succédé à la cure depuis 1895, date de la fondation de la paroisse autonome : Michel Delsauvenière, 1896-1902-Achille Radome, 1902-1904 (décès) -Georges Dumont 1904-1916 (décès) - Léon Pochet, 1916-1924 - Joseph Sentron, 1924-1934 -PaulBailly, 1934-1951 (décès) - Maurice Roels, 1952-1958 - Max Delvaux, 1958-1980-Jacques Schiltz, 1980-1981- Léon Degrez, 1981-2007 - Edouard Kabongo depuis 2008 . Entre le décès de l'abbé Dumont et l'arrivée de son successeur, l'abbé Pochet, l'intérim avait été assuré par Gustave Wiamme en qualité de vicaire coadjuteur. Tels sont l'historique et la description du presbytère.

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