Nos kermesses villageoises ou ducasses sont la fête du saint patron. Chez nous, c'est la Saint-Laurent, fêtée le 10 août, qui conduisait les festivités et non le 15 août qui en marquait la fin. Et si le 10 août tombait en semaine, c'est le dimanche le plus proche qui marquait les prémices des festins. Le dimanche qui suit le 15 août, comme le dit votre article, n'est pas le repère, c'est saint Laurent, patron du village qui ne doit pas être confondu avec saint Sébastien, patron de la paroisse, fêté le 20 janvier. En quoi consistait la kermesse jadis, jusqu'aux environs des années 60?

Le samedi soir : 
our précédant les festivités du lendemain : annonce par les tirs des « campes » durant plusieurs heures, détonations tonitruantes qui s'entendaient dans tous les villages à la ronde. Le dimanche, messe et sortie de la procession en l'honneur de Notre-Dame de l'Assomption avec la participation de la fanfare royale «Les Échos de Loyers ». 

Après-midi : 
au kiosque, concert donné par la fanfare locale au cours duquel était servi le vin d'honneur aux autorités; le concert était suivi du cortège vers le monument aux morts avec dépôt de gerbes. Suivait la première danse avec la distribution des cocardes que les jeunes cavaliers épinglaient sur la poitrine de leur partenaire. Ces insignes étaient vendus au profit de l'organisation. Le soir, bals dans tous les cafés.

Le lundi : 
deuxième jour, dès l'aube, la jeunesse munie de mannes récoltait les tartes, fleurs et vivres dans chaque maison pour la vente aux enchères dite «vente des tartes» par les membres de la jeunesse juchés sur le mur du cimetière. C'était à l'issue de la messe chantée pour les défunts et les victimes des deux guerres. Ensuite, débutait le tour du Coq dont le cortège était précédé du drapeau de la jeunesse avec quelques musiciens de la phalange locale. Les jeunes, bras dessus bras dessous, dansaient en marchant sur toute la largeur de la route au rythme des airs folkloriques traditionnels.

Première étape : 
le château où les comtes de Beauf-fort attendaient leurs invités sur le perron. Distribution des boissons et friandises et le maître jeune-homme invitait la comtesse pour ouvrir la danse après avoir offert un canard le cou enrubanné de bleu. Le cortège se remettait ensuite en marche sur l'air «Encore un p'tit verre de vin pour nous mettre en route... pour nous mettre en train». Même scénario pour les arrêts suivants.
Et la fête se poursuivait le jour du 15 août : après-midi, distribution gratuite des tickets aux enfants pour les attractions foraines et bal le soir.
Quinze jours après, avait lieu la remise, «li rlachaude». L'après-midi : jeux populaires sur la place suivis de la danse des vieux dite des «vis paltots». Ceux-ci, en couple et entre les danses, tournaient en rond les bras entrelacés jusqu'à la reprise des airs au rythme d'autrefois.
Il y avait aussi la petite kermesse, la petite fête qui se déroulait le dimanche de la solennité de la Fête-Dieu en juin. Elle se limitait à la procession en l'honneur du Saint Sacrement et à la présence des attractions foraines et aux bals organisés le soir dans les cafés. La réinstauration motivée par l'une ou l'autre circonstance de la vie associative villageoise serait peut-être une idée à creuser.

Les jeux à l'ancienne
A Loyers, on a toujours fait la fête. Si le festival de la Miaou a vécu sa 30e édition cette année, la kermesse connaissait déjà un vif succès bien avant. Elle se déroulait le dimanche précédant le 15 août. Et un peu comme le lundi des Wallonies appartient aux Namurois, le lundi suivant la kermesse revenait aux Loyersois. La journée débutait dès l'aube quand les jeunes garçons sillonnaient les rues du village pour réveiller les jeunes demoiselles et récolter des vivres auprès des aînés. Choux, carottes, biscuits, galettes et autres légumes ou friandises remplissaient ainsi une manne dont le contenu était vendu un peu plus tard sur le mur du cimetière à la sortie de la messe. Puis une poignée de musiciens emmenaient un cortège dans les rues. On faisait halte au château, à la ferme et chez le mayeur. On offrait alors un canard aux hôtes avant d'esquisser ensemble quelques pas de danse. La journée se clôturait par le tour des nombreux cafés de l'époque.Quinze jours plus tard, la fête reprenait de plus belle lors d'une journée baptisée Remise de la kermesse et au cours de laquelle des jeux à l'ancienne étaient organisés par les jeunes du village.

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