Il nous à paru intéressant de nous pencher sur les anciennes traditions liées aux fêtes. Dans nos régions, certaines sont encore vivaces de nos jours. A Namur, le mercredi qui précède Noël, à 6 heures du matin, on célébrait la messe d'or, dite aussi la messe d'aurore, pour les gens dont le métier est de voyager. (Nous ne savons pas si cette coutume existe toujours). La nuit de Noël, à minuit, il était d'usage d'allumer une chandelle que l'on conservait comme un talisman; on l'allumait pendant les orages; on la plaçait dans la main des agonisants.
Tradition toujours vivace et typique de la région namuroise, c'est ce jour-là que l'on mange le "Cougnou" ou "Cougnolle" (gâteau empruntant la forme d'un enfant dans les langes) apporté par le petit Jésus. 
A Andenne, existe encore la coutume des Trairies : dix compères se rendent chez le boulanger et lui remettent leur quote-part; en échange, il leur est remis un jeu de cartes, dont chacun des participants en reçoit une. On fait atout, et celui qui possède le plus haut atout emporte le cougnou, s'il n'y a pas d'atout en jeu. le boulanger garde l'argent... et le cougnou.
Dans nos villages, pour attendre la messe de minuit, des parties de cartes étaient organisées dans les cafés; l'enjeu de ces parties consistait en petits cougnoux; il n'était pas rare de voir des joueurs, favorisés par la chance, s'en retourner chez eux avec une corbeille remplie de cougnoux.
Au siècle dernier, les Trairies trop bruyantes amenèrent la suppression de la messe de minuit presque partout.

Le premier janvier était dénommé "Li djoû des faux visadges" en raison des souhaits que l'on se croit obligé de présenter... La veille de Noël, les fermiers préparaient à la porte les fourrages et la litière nécessaires au bétail pour le jour de Noël; ce jour, les écuries et les étables n'étaient pas nettoyées, car il était admis que "Li ci qui djète li djou d'Noyé, satche li pu bêle di ses bièsses fou de stauve" Egalement, le jour de Noël, on ne se servait pas de fourche, et les ménagères ne lavaient pas leur maison, parce qu'elles risquaient "di chover li pu bêle des djins dèl maujo à l'uche"
On croyait qu'à minuit, heure de la naissance du Christ, les ânes et les bœufs étaient à genoux dans toutes les étables. Les petits métiers de la rue collectaient de porte en porte : c'était les balayeurs, les boueux, les
Allumeurs de réverbères; souvent, ils offraient aux bourgeois des chansons patoises, inspirées par les circonstances. De nos jours, certains collectent encore pour les étrennes, mais, ils ne chantent plus. Où va-t-on...
Autre tradition du jour de l'an, une fine galette de sucre était offerte aux visiteurs.

Bibliographie : Abbé Blouard "Histoire de Mozet"
Fernand Pieltain "Le Foklore au pays de Namur"

Dans la foulée, nous vous livrons la recette du cougnou.
Il s'agit d'une ancienne recette !
Ingrédients (pour 6-8 personnes) Pâte : 25 g de levure, 1/4 1 de lait, 2 œufs, 2c à soupe de sucre, une pincée de sel, 500 g de farine, 75 g de beurre. Pour décorer : 3 raisins de Corinthe et un petit Jésus en sucre ou en massepain.
Délayez la levure dans le lait tiédi. Ajoutez les œufs entiers, le sucre et le sel. Travaillez bien le tout, puis ajoutez peu à peu la farine tamisée et le beurre ramolli que vous incorporez progressivement. Pétrissez bien, roulez en boule et laissez doubler de volume dans un endroit tiède. Façonnez alors la pâte en formant sur la plaque beurrée du four une grosse boule allongée encadrée de deux boules rondes plus petites. Placez les raisins secs sur la tête, dorez le tout à l'œuf battu avec le lait et laissez lever à nouveau 1 h ou 2. Faites cuire à four chaud 30 minutes.

Bon appétit
André Degrune

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